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Chronique Asie

Philippines : Gloria Arroyo rempile

Any Bourrier 

		(Photo: RFI)
Any Bourrier
(Photo: RFI)
Gloria Arroyo remportera vraisemblablement la présidentielle philippine. Mais, jusqu’à la dernière minute, les observateurs avaient des doutes sur sa victoire. Car depuis qu’elle a remplacé l’ancien acteur Joseph Estrada à la suite d’un coup d’état en janvier 2001,cette héritière politique formée aux Etats Unis, amie personnelle de George Bush et très pro-américaine, avait réussi à battre tous les records d’impopularité. Au point de faire regretter à beaucoup de ses compatriotes les années Marcos.

Fin décembre, au moment de l’annonce de sa candidature, elle était donnée perdante. Sa cote de popularité était au plus bas. Et, selon les instituts de sondage, elle n’obtiendrait alors que 18% des suffrages.

Aujourd’hui, elle est créditée de 36,7% des voix. La fille de l’ancien président Macapagal retourne donc la situation avec brio. Comment expliquer ce regain de popularité alors que son bilan à la tête des Philippines est désastreux? En assumant la présidence, Gloria avait promis que son gouvernement allait ramener la stabilité, la transparence et le développement économique. Mais l’économie va mal, surtout si on la compare avec celle des autres pays du Sud-est asiatique. La corruption, la pauvreté et la violence n’ont pas diminué depuis qu’elle a assumé le pouvoir. La campagne électorale elle-même a été marquée par des violences qui ont fait 114 morts au moins et quelques 200 blessés. Les problèmes du séparatisme musulman ou de l’insurrection communiste sont loin d’être réglés et les rumeurs d’un coup de force de l’armée courent régulièrement à Manille. En dépit de sa détermination affichée, de sa qualité d’économiste, du soutien de la bonne société locale et de la très influente Eglise catholique, Gloria Arroyo n’est pas parvenue à redresser son pays.

Il y a trois explications à sa réélection: d’abord, les électeurs l’ont choisie pour son expérience politique. Ensuite, dans la course à la présidence, elle n’a jamais rencontré un adversaire à sa hauteur, Fernando Poe n’étant qu’un clone de Estrada. Enfin, elle a bénéficié du soutien de deux organisations chrétiennes très puissantes: l’Iglesia Ni Cristo, dont l’audience représente un vivier électoral d’environ deux millions de personnes et Al Shaddai, un mouvement catholique intégriste. Ces deux organisations ont l’habitude de mobiliser ses militants pour assurer la victoire de leurs candidats. En fin de compte, c’est à elles que Gloria Arroyo doit sa paradoxale réélection.


par Any  Bourrier

[11/05/2004]

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